|
Au-delà de
l'Estime de soi

Le travail de développement personnel réalisé depuis les années 70
dans le monde occidental aboutit à cette conclusion que ce qui est le
plus personnel et intime en nous-mêmes touche à l’universel.
Le travail entrepris depuis près de vingt ans autour de l’Estime de Soi
a pour but d’unifier la personnalité.
Unifier la personnalité signifie :
devenir capable de s’accueillir, de s’aimer et de se faire respecter,
tel qu’on est, sans la moindre concession, en se sentant libre, heureux
et dans la joie.
La dimension spirituelle de cette démarche a toujours été présente et il
semblait y avoir un décalage entre la conscience de moi-même dans mon
quotidien, dans ma relation aux autres, au monde en général et cette
dimension « spirituelle » que je sentais exister en moi.
Le travail sur l’Estime de Soi aboutit à la conclusion que la meilleure
chose que je puisse manifester en ce monde est de me manifester tel que
je suis. Pour arriver à cette conclusion il a fallut me réapproprier
certains aspects de moi-même … principalement ceux que je détestais le
plus.
Il y a actuellement un foisonnement intense de méthodes, de démarches,
d’écoles, de visions et finalement d’outils qui nous sont proposés afin
de réaliser cette union entre notre Être profond et notre personnalité.
Le piège, dans lequel je suis tombé, consistait à croire que je « devais
» « changer » pour accorder ma personnalité encore emprunte de peurs, de
tristesses et de colères à cette dimension intérieure pleine d’Amour que
je sentais en moi brillante comme de l’or pur.
Toute tentative d’être différent de ce que j’étais afin d’être « lumière
», c'est-à-dire positif, aimant, gentil, créait automatiquement son
équivalent « ombre » dans ma personnalité.
« Qui veut faire l’ange fait la bête »
« Changer » est un travail pénible, épuisant et finalement stérile car
je me trouvais immanquablement confronté à ce que je voulais fuir ou
rejeter.
Il ne s’agit plus de « faire l’ange » mais d’être un ange.
Tous, tels que nous sommes dans l’instant présent, sommes parfaits !
(voir lien Jill Bolte Taylor)
Bien sûr, notre mental qui a appris à être continuellement sur ses
gardes, à s’adapter aux demandes de notre environnement, qui tente de
nous protéger de la souffrance, se révolte contre cette affirmation.
Comment quelque chose peut-il être parfait quand il semble être une
source de souffrance ? Si j’étais parfait le monde serait aussi parfait
et c’est loin d’être le cas !
La souffrance vient de la comparaison. (enseignement de Swami Prajnapad
et Arnaud Desjardins)*. On souffre principalement de la comparaison
entre ce qui est et ce qui « devrait » être. Ce qui « devrait être »
vient une création de notre mental qui perçoit la réalité au travers des
filtres venant d’expériences du passé. Être « moi » signifie encore pour
beaucoup, rester fidèle à une souffrance venant d’une injustice subie
dans le passé qui n’a pas trouvé le moyen de se faire reconnaître et
donc de s’apaiser.
Unifier la personnalité ne signifie pas résoudre toutes les
contradictions d’un moi qui a appris avant tout à s’adapter et qui est
continuellement confronté à l’ombre qu’il a créée pour y parvenir.
Unifier la personnalité signifie prendre l’entière responsabilité de ce
que nous vivons ici et maintenant
Prendre l’entière responsabilité de notre situation dans le présent
engendre une réaction parfois violente de rejet et de colère. « Ce n’est
tout de même pas ma faute si … » et de penser à l’enfant que nous avons
été, confronté dans son innocence à des situations flagrantes
d’injustice, d’abus ou de rejet ou toute autre faute commise par un
tiers à notre égard.
Il ne s’agit pas de justifier des actes qui ont engendré une souffrance
parfois extrême. Il s’agit d’accueillir cette expérience comme un des
éléments de la réalité qui nous permet d’exister tel que nous sommes
dans l’instant présent
Un corollaire de l’unification est la capacité de vivre dans l’instant
présent.
Le moment présent est le seul où je peux expérimenter réellement la joie
et le bonheur d’exister.
(voir lien Eckhart Tolle)
Ce bonheur et cette joie nous est aussi promise par le mental … dans le
futur … quand nous aurons « changé ». Futur identique à la carotte qui
fait avancer l’âne sans que jamais il ne puisse l’atteindre.
S’accueillir tel que l’on est dans le moment présent est la clé d’un
passage que nous sommes tous invité à faire dans le processus du
développement actuel de la Conscience.
C’est l’objet des ateliers « Accueillir » (voir rubrique Ateliers)
*Svâmi Prajnâpad, Tome I et II – par Daniel Roumanoff – Edition de la
table ronde
*Arnaud Desjardins – l’ensemble de son œuvre – Edition la table ronde.
|