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Les
structures d'adaptation
Pour nous adapter à des situations difficiles, nous avons tous appris à nous protéger de la souffrance
en développant des stratégies de défense. On retrouve
cinq grandes catégories, déclinées chacune d’une manière particulière
pour chacun mais semblable dans leur forme générale. Nous utilisons
tous, toutes les stratégies dans un mélange qui nous est propre.
Nus privilégions cependant plus particulièrement une ou plusieurs stratégies
en relation aux expériences de vie que nous avons traversées.
Ces stratégies de défense sont la réponse donnée dans la
confrontation à des expériences ou des situations où nous nous sommes sentis
impuissants :
SCHIZOÏDE :
la fuite
Puisque je ne peux rien y faire, je laisse tomber de vais
me réfugier quelque part en moi-même dans un monde que j’ai crée et où
je me sens en sécurité. Je me coupe de l’extérieur (en utilisant
éventuellement un produit, alcool, drogue, …)
Juliette vient en sentant une angoisse en elle. C’est
comme un morceau de plomb très lourd qui lui oppresse la poitrine. A
l’intérieur de ce morceau de plomb elle se voit elle-même dans une sorte
de cocon. C’est bon d’être à l’intérieur. Juliette a été prise en
otage affectif par ses parents divorcés depuis sa naissance. Oui, elle
bien dans ce cocon où elle peut enfin souffler sans se sentir devoir
s’occuper de personne ! « Je me sens bien là » dit-elle avec un sourire
triste car elle se rend compte aussi de la souffrance que cela
représente pour elle.
ORAL :
la possession
La focalisation est centrée sur le manque. La peur de
manquer. Manquer d’affection et par extension de nourriture, d’argent.
La peur identifie un aspect ou l’autre comme vital, essentiel, sans
lequel il est impossible de vivre. Toute la stratégie consiste alors à
tenter de ne rien perdre, d’avoir suffisamment (d’affection, de
nourriture, d’argent, etc …) Toutes les sources de nourriture affective
ou matérielle sont sévèrement surveillées, dans la tentative de les
posséder pour les garder toutes à soi.
Nelly souffre d’une inquiétude affective profonde. Sa
mère ne la désirait pas. Elle a traversé de nombreuses épreuves et se
retrouve maintenant dans un travail où elle aide d’autres à traverser
leurs propres épreuves. Elle utilise son travail pour créer un réseau
affectif autour d’elle qui la sécurise. Sans s’en rendre compté elle
est très possessive et jalouse. Elle est continuellement blessée par ce
qu’elle perçoit comme de l’ingratitude quand certains prennent un peu de
distance avec elle.
MASOCHISTE :
la vengeance
La stratégie masochiste est une réponse à un abus
d’autorité ou de pouvoir subis dans des circonstances où la personne se
trouvait dans l’incapacité de rendre les coups. Il y a une énorme
colère d’avoir dû subir ce qui paraît être une injustice flagrante.
Cette colère n’ayant pu s’exprimer est restée présente à l’intérieur et
cherche les moyens, à l’extérieur, pour s’exprimer. La personne va
systématiquement rechercher dans la réalité tout ce qui de près ou de
loin représente à son sens un abus, quitte à provoquer les circonstances
qui rendent cet abus manifeste, pour pouvoir ensuite le dénoncer soit en
victime soit comme juge et bourreau.
Marc est dans une recherche personnelle qui le met en
porte-à-faux avec son environnement familial et social. Il sait que sa
recherche est valable et juste mais les autres, dit-il, le prennent pour
un fou. Il va exposer ses idées à des personnes incapables d’accueillir
son modèle et essuie ainsi l’incompréhension et le rejet dont il a
toujours été coutumier. Alors que par ailleurs d’autres gens en dehors
de son entourage sont parfaitement réceptif à sa sensibilité. Mais ce
n’est pas à eux que Marc s’intéresse. C’est ceux qui ne peuvent pas
comprendre qu’il veut persuader. Comme quand il était enfant et que ses
parents ne le comprenaient pas.
Lucien a des difficultés avec l’argent. Il ne parvient
pas à le gérer. Il se trouve systématiquement en retard de payement et
est obligé de payer des amendes qui le mettent en rage. Il s’estime
victime d’un « système » injuste en ne se rendant pas compte qu’il fait
tout pour que cela arrive.
PSYCHOPATHE :
la manipulation
La peur de n’être plus reconnu équivaut à une
non-existence et pousse à vouloir que tout soit parfait pour qu’il n’y
ait aucune faille, source potentielle de critique insupportable. La
personne se démène tant et plus pour atteindre cette perfection qui
seule la rassure. Il veut être aimé et apprécié, faire reconnaître sa
valeur par tous ceux qu’il rencontre. Il s’épuise la plupart du temps à
cette tâche. Tous les moyens sont bons pour y arriver, même les plus
inavouables.
Michel a une sécurité de base déficiente. Il doute de sa
valeur. Son père absent a poussé sa mère à le prendre comme appui. Il
s’occupe en plus de son petit frère. Il est possédé par une ambition
dévorante qui le pousse à relever des défis de plus en plus importants.
Il arrive à créer une approche basée sur la volonté et la discipline
qu’il a si bien utilisée. Il est reconnu et apprécié par une cour qu’il
a crée autour de lui et sur laquelle il semble régner. Malgré cela il
reste insatisfait et continue d’avoir peur. Il cache ce qu’il est
vraiment pour que les autres continuent de croire au personnage qu’il a
crée.
Brigitte est une perfectionniste. Elle ne supporte pas
qu’on lui fasse la moindre critique et essaye donc que tout soit
toujours parfait. Elle est particulièrement appréciée pour cela dans
son travail où elle obtient cette reconnaissance qui lui est si chère.
A la maison cependant, le contrôle constant qu’elle exerce sur elle-même
et sur les autres est ressenti comme pesant. Elle éprouve de grandes
difficultés à se « laisser aller ». Lâcher prise équivaut pour elle
à se mettre en danger. Elle ne
comprends pas pourquoi sa famille ne l’apprécie pas d’avantage alors
qu’elle fait tout pour elle. Elle ne se rend pas compte qu’en se
«défonçant » au travail et n’a plus beaucoup de temps et d’énergie quand
elle rentre à la maison. Oui, tout est en ordre, il y a toujours ce
qu’il faut, mais il n’y a aucune joie véritable. Epuisée et désespérée
elle boit en cachette.
RIGIDE :
le contrôle
Les personnes avec un système de défense à majorité
rigide ne supportent pas l’à peu près. Les choses sont noires ou
blanches. Il n’y a aucune souplesse car ce système tente de verrouiller
la réalité dans des structures dogmatiques, posées une fois pour toutes
et qui ne doivent jamais être remises en question. Derrière ces dogmes
il y a souvent un être sensible qui a trouvé ce moyen pour se protéger.
Mais, en général, la personne préfèrerais mourir que de reconnaître
cette vulnérabilité en elle. La structure rigide construit une sorte de
forteresse autour de la personne qui effectivement la protège mais qui
la garde aussi prisonnière, incapable de communiquer.
Il n’y a pas d’exemple de thérapie à citer, car ce genre
de personne ne vient pas en thérapie.
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